Cet été, la région frontalière se laisse découvrir de bien des manières différentes. Nous vous présentons trois approches touristiques : la nature et la randonnée en Wallonie picarde, le vélo le long des Points d'Horizon en Flandre occidentale, et le patrimoine culturel et les paysages de Cassel et de la Flandre française.
Randonner dans la nature en Wallonie picarde
Pour explorer la région frontalière à pied, la Wallonie picarde offre un large éventail de paysages et d'expériences naturelles. La région compte deux parcs naturels, où la zone vallonnée comme la plaine plus plate de l'Escaut invitent à des balades tranquilles.
Dans le Parc naturel du Pays des Collines, les randonneurs découvrent pentes, chemins forestiers et parcours plus sportifs, avec des sites comme les Bassins de Frasnes, le Mont de l'Enclus et le Bois de la Houppe. Dans le Parc naturel des Plaines de l'Escaut, on trouve quant à lui des paysages ouverts, des points d'observation et des zones naturelles telles que le Grand Large de Péronnes, le Marais d'Harchies, les bois de Stambruges et de Bonsecours, entre autres coins de verdure.
Faire du vélo le long des points de vue en Flandre occidentale
Expédition Horizon invite les cyclistes à parcourir des points de vue entre le Westhoek et la Côte de l'Ouest, avec neuf tours et belvédères à Dixmude, Veurne, De Panne, Coxyde, Nieuport et Middelkerke.
Le concept est simple et séduisant : cinq boucles cyclables mènent les visiteurs sur le réseau cyclable rénové Westhoek en Kust, d'un parcours compact de 32,9 kilomètres à un grand parcours Horizon de 85,7 kilomètres. Aussi bien les cyclistes occasionnels souhaitant sortir une demi-journée que les plus sportifs à la recherche d'un plus long périple y trouveront leur compte.
En chemin, on peut collecter des tampons aux différents points de vue et participer à un concours, qui se déroule de mai jusqu'au 30 septembre 2026 inclus, tandis que les parcours eux-mêmes restent accessibles toute l'année.
La Tour de l'Yser
La Tour de l'Yser (IJzertoren) à Dixmude est un monument à la paix haut de 84 mètres, mémorial dédié aux soldats flamands tombés dans le Westhoek pendant la Première Guerre mondiale. La tour abrite le Museum aan de IJzer, un musée interactif qui raconte, sur 22 étages, l'histoire de la guerre, de la paix et de l'émancipation flamande. « Plus jamais la guerre ! » est la devise de ce musée, plus actuelle que jamais.
La première Tour de l'Yser fut inaugurée en 1930 comme monument commémoratif. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le site devint un décor de collaboration avec l'occupant allemand. C'est pourquoi la tour fut dynamitée peu après la guerre, en 1946, lors d'un attentat. De ses ruines s'éleva, en 1965, la tour actuelle. La crypte de l'ancienne tour figure depuis 2023 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Aujourd'hui, la Tour de l'Yser est un site européen de la paix, où l'histoire du front belgo-allemand et de la lutte pour l'émancipation flamande se conjugue avec un message de paix résolument actuel. Du sommet de la tour, on découvre un vaste panorama sur la région du front et le Westhoek.
Vue sur la Flandre française depuis Cassel
Cassel est une petite ville de collines, aussi discrète que marquante, en Flandre française, qui surplombe la plaine flamande tel un balcon. La ville incarne l'histoire riche et partagée entre la France et la Flandre.
Cassel se dresse sur le Mont Cassel, haut de 176 mètres, et domine depuis là toute la plaine ouverte de la Flandre française. Par temps clair, le panorama s'étend jusqu'à la côte belge, et l'on aperçoit au loin des lieux comme Dunkerque, Ypres et Poperinge. Cette position dominante a valu à Cassel un rôle militaire et stratégique de longue date dans les Pays-Bas historiques.
À l'époque romaine, la colline avait, en tant que castellum, une fonction stratégique dans le réseau des voies romaines. Plus tard, au Moyen Âge et à l'époque moderne, les environs de Cassel furent le théâtre de plusieurs batailles, dont la bataille de Cassel en 1328 et la bataille de la plaine de la Peene en 1677, qui scellèrent le destin politique de la Flandre française en tant que province française.
Au cœur de la ville se trouve la Grand-Place pavée, entourée de vieilles maisons, d'estaminets et d'hôtels particuliers historiques. L'Hôtel de la Noble Cour, bâtiment flamand du XVIe siècle situé sur la place, abrite aujourd'hui le Musée de Flandre, consacré à la présentation de l'art et de la culture flamande.
La Flandre française, dont Cassel fait partie, correspond à la portion de l'ancien comté de Flandre rattachée à la France en 1678, et coïncide aujourd'hui largement avec le Westhoek français, dans le département du Nord. Cette région se surnomme elle-même « Cœur de Flandre », une contrée rurale aux vastes champs, aux fermes restaurées et aux nombreux petits villages où patrimoine et traditions locales occupent une place centrale. On y trouve d'authentiques estaminets, de petits musées et des fêtes locales.
Le Musée de Flandre
Le Musée de Flandre à Cassel se consacre entièrement à l'art et à la culture de la Flandre, de la fin du Moyen Âge à nos jours. Le cœur de la collection se compose de peintures, d'estampes, de sculptures et d'objets usuels issus de la tradition artistique flamande, avec un accent marqué sur les XVIe et XVIIe siècles. Les visiteurs y découvrent des œuvres de maîtres célèbres ou plus méconnus des Pays-Bas méridionaux, mais aussi de l'art populaire, des objets religieux et des pièces évoquant la vie quotidienne dans la Flandre historique. Le musée place ainsi les chefs-d'œuvre aux côtés de témoignages plus modestes du quotidien.
Le Musée de Flandre fonctionne de manière thématique : les présentations permanentes sont régulièrement réorganisées et complétées par des expositions temporaires autour de thèmes, d'artistes ou de moments historiques précis. Ces expositions mettent souvent l'accent sur la relation entre la Flandre française et le reste de l'aire culturelle flamande et néerlandaise, en montrant par exemple comment des motifs venus d'Anvers, de Bruges ou de Gand se retrouvent dans l'art et l'artisanat à Cassel et dans ses environs. Le bâtiment lui-même vaut le détour : les salles s'organisent autour d'une cour intérieure, avec vue sur les toits de la ville, les rues pavées et le paysage vallonné alentour.
L'exposition temporaire « Tout ange est terrible », au Musée de Flandre, présente une sélection d'œuvres photographiques et vidéo de l'artiste belge Marie-Jo Lafontaine, portant un regard incisif sur le pouvoir, les émotions et la vulnérabilité. L'exposition est visible jusqu'au 27 septembre 2026.
Artpenteurs
Cet été, Artpenteurs transforme la région frontalière entre le Heuvelland et la Flandre française en un véritable musée à ciel ouvert. Du 1er juin au 31 octobre 2026 inclus, on découvre onze œuvres d'art temporaires disséminées dans le paysage vallonné. Au milieu d'un bois, le long d'un chemin creux ou près d'un étang : partout surgit, de façon inattendue, une intervention artistique qui invite à porter un regard neuf sur les environs.
En marchant ou à vélo, on suit un parcours balisé à travers la région Cœur de Flandre, où l'art, la nature et le patrimoine se fondent les uns dans les autres. Les installations sont gratuites et en accès libre, et constituent une occasion idéale pour une sortie d'une journée en famille, entre amis ou en groupe.